la permaculture selon Sepp Holzer

Sepp Holzer à créé l’une des plus belles réussites en permaculture. Il excelle dans de nombreux domaines : légumes, fruits, céréales, élevage et pisciculture, champignons. Son expérience est d’autant intéressante qu’elle fut menée sur 40 ans et dans des conditions climatiques (froid, altitude entre 1000 et 1500 m) et géologiques (pente forte) difficiles.

La ferme der Krameterhof se situe dans l’endroit le plus froid de l’Autriche. C’est sur ces terres que Sepp Holzer expérimente depuis plus de quarante ans une forme d’agriculture alpine inspirée des principes de la permaculture. Les résultats sont là : la ferme produit des légumes, des fruits, des porcs, des poissons, des champignons, des céréales, des graines et des plants. Sepp Holzer réussit à faire pousser en plein air des citrons, des cerises et du raisin sous le climat peu favorable de ce que l’on appelle la « Sibérie autrichienne ».
Aménager le paysage et construire des partenariats écologique
La méthode de Sepp Holzer consiste à réaménager le paysage, à remodeler la montagne, en créant des terrasses et des bassins sur les versants de sa propriété. Il a ainsi créé plus de 70 bassins totalisant une superficie de 3 hectares. Selon un principe d’efficacité énergétique énoncé par l’inventeur de la permaculture disant qu’un élément doit remplir plusieurs fonctions, les aménagements mis en place contribuent à stopper et canaliser les ruissellements d’eau responsables de l’érosion des sols, à fournir une importante réserve haliotique, et à créer des microclimats bénéfiques aux cultures.Plan des jardins & bassinsLa mise en place de ces systèmes nécessite l’utilisation de gros engins, comme les tractopelles, mais, une fois les terrasses et les étangs créés, la maintenance de ces aménagements ne nécessite que peu d’énergie, ce qui en fait d’excellents investissements.
Ces aménagements remplissent plusieurs fonctions, qui sont centrales à la réussite écologique de la ferme. Les terrasses de pierres et les étendues d’eau accumulent la chaleur pendant la journée, et la diffusent pendant la nuit, réduisant ainsi les écarts de température. Les bassins réfléchissent les rayons du soleil sur les forêts ou vergers alentour, leur permettant d’emmagasiner la chaleur, créant ainsi un microclimat sur chaque lieu. Pour assurer une protection supplémentaire face aux vents et au gel, une rangée d’arbres est disposée en forme de « U » (voir illustration) permettant d’emprisonner encore plus la chaleur de la zone et lui assurant des conditions clémentes pour les plantes exigeantes (arbres et arbustes fruitiers, légumes).
Pour Sepp Holzer, il est fondamental de coopérer avec la nature plutôt que de la combattre. Les animaux domestiques et sauvages ont un rôle dont il peut tirer avantage. Les cochons – une race slovène ancienne et rustique – ameublissent constamment la terre en cherchant leur nourriture dans le sol avec leur groin ; ce labourage animal permet en plus d’accélérer la décomposition des matières organiques pour enrichir le sol. Même les taupes et les souris, souvent considérées comme nuisibles, lui permettent de propager les plantes en laissant des racines ou des graines dans leurs abris hivernaux.
Concernant les végétaux, Holzer s’appuie sur un compagnonnage d’espèces formant une guilde où chaque plante tient un rôle. Les espèces repoussent les parasites des autres par leur couleur, leurs épines ou leurs sécrétions, offrent une protection contre le vent, fournissent des minéraux inaccessibles aux systèmes racinaires des autres plantes. La synergie créée bénéficie à toute la communauté de plantes. Lorsqu’il plante des arbres pour son activité de pépiniériste, Holzer sème dans la foulée un mélange de graines d’une cinquantaine d’espèces qui apportent au plant les conditions nécessaires et naturelles pour sa bonne évolution.  Ses choix en matière de plantes compagnes sont issus des observations qu’il a pu faire depuis son installation. Sepp utilise des semences traditionnelles, anciennes et éprouvées.
Grâce à ses aménagement astucieux et aux partenariats écologiques qu’il a mis en place, Holzer peut cultiver une production étonnamment diversifiée sans utiliser d’engrais industriel ni de pesticides.

Source : http://madeinearth.wordpress.com/2010/01/19/der-krameterhof-ou-comment-faire-pousser-des-citrons-dans-la-%C2%AB-siberie-autrichienne-%C2%BB/

chez Sepp Holzer, Autriche

« Depuis notre enfance, qui a été imprégnée de vie à la ferme de nos parents, des exploitations de montagne, nous avons été profondément enracinés dans la nature. Beaucoup d’idées, que nous avons réalisées avec succès, datent de cette période. La nature était notre terrain de jeu et nous avons appris à la comprendre. Comme la plupart des enfants d’agriculteurs de montagne de cette génération que nous aidions les travailleurs à la ferme. Étant donné que nous n’avions pas vraiment de jouets, nous avons joué avec le sol, l’eau, les plantes, les racines et les pierres. Il n’y avait pas de limite à notre imagination.
À un âge précoce, nous avons commencé à cultiver des plantes dans les jardinières de notre mère et très vite en jouant avec la nature, cela s’est transformé en passion pour tous les êtres vivants et en pleine croissance. Quand j’ai commencé ma formation d’agriculteur spécialisé en vergers, j’ai été dirigé sur une fausse piste: l’agriculture avec des engrais et des pesticides.
Très vite, j’ai commencé à réaliser que l’agriculture conventionnelle ne ferait que créer des coûts plus élevés, plus de travail, et des plantes qui demandent des soins constants. Ainsi, après quelques échecs, je suis retourné aux méthodes d’élevage que j’avais été utilisées étant enfant. Depuis plus de 30 ans, mon épouse et moi avons fait tourner le Krameterhof dans la région de Lungau, qui est dans la province de Salzbourg, et appartient à l’agriculture de montagne zones III et IV.
Nous avons étendu notre ferme, à l’origine de 24 hectares, à 45 hectares. Les principaux domaines de la ferme qui étaient stériles, sont redevenus productifs. En conséquence, la valeur standard de la ferme a été portée de 1,744 € à 17,950 €. Notre façon de penser l’agriculture dans les cycles naturels et les interactions s’est révélée utile.
C’est seulement en 1995 que nous avons appris, que notre approche non conventionnelle de l’agriculture pouvait être décrite comme la permaculture. Le terme a été inventé par l’Australien de l’environnement scientifique Bill Mollison. La Permaculture implique l’agriculture dans les cycles, sur le modèle des écosystèmes autosuffisants naturels.
Sepp Holzer »

conseils de jardinage

conseils de jardinage
par Lydia et Claude Bourguignon, ingénieurs agronomes
Ils ont contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées très efficaces, mais qui demandent une bonne technicité et connaissance du fonctionnement écologique des sols.
Dans les années 1980, Claude Bourguignon met au point une méthode de mesure de l’activité micro-biologique des sols et constate qu’en Europe, 90 % de l’activité micro-biologique des sols a été détruite (ce qu’il énonce dans le documentaire « Alerte à Babylone »).
https://www.youtube.com/watch?v=PJMUz_FikM0&feature=player_embedded#!

Techniques d’assolement

Conférence de deux heures de Claude Bourguignon,
au sujet des techniques d’assolement :

Claude Bourguignon, né en 1951, est un ingénieur agronome français, ancien collaborateur de l’INRA connu pour ses travaux et expériences sur la microbiologie des sols. Fondateur du LAMS (Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols)1, il travaille en France, mais aussi en Europe, en Amérique et en Afrique.
Il est parmi les premiers, dans les années 1970, à avoir alerté sur la dégradation rapide de la biomasse et de la richesse des sols en micro-organismes (bactéries et champignons microscopiques), ainsi que sur la perte d’humus et de capacité de productivité des sols agricoles européens, ou des sols auxquels on appliquait les mêmes méthodes en climat tropical ou subtropical. Il a contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées très efficaces, mais qui demandent une bonne technicité et connaissance du fonctionnement écologique des sols.

Observons la nature, et cultivons ensuite


Vous y apprendrez tout sur la manière de jardiner naturellement et l’évidente simplicité de la méthode du paillage qui ramène équilibre et harmonie au jardin, permettant un gain de temps et inutile tout travail du sol, amendement d’engrais, de pesticides ou fongicide.

Montage d’une conférence donnée le 1er Avril 2012 à Roquevaire, dans les Bouches-du-Rhône,  pour l’association « Les Nouveaux Mondes ».